E-FLUX
The Twilight Symposium : Science Fiction inside colonialism

L’écrivain de Sciences Fiction canadien Nalo Hopkinson a écrit ceci: Etre une personne de couleur qui écrit de la science fiction, c’est être soupçonné d’avoir intériorisé sa colonisation. Bien entendu, le problème n’est pas la fiction, mais la science ; la conviction que le scientisme saturant nos technologies actuelles saurait créer de nouveaux mondes oniriques autres que les frontières coloniales qu’il a déjà créées. Le premier défi de toute science-fiction n’est-il pas d’abord la connaissance de l’histoire coloniale? La technologie peut-elle être détachée de son rôle dans la justification scientifique de la domination européenne mondiale?

 

Après tout, les systèmes cosmologiques ne sont pas toujours scientifiques tout comme les systèmes scientifiques ne sont pas seulement impériaux. Les systèmes cybernétiques peuvent être tout à fait différents: si la fiction narrative était auparavant trop douce ou consensuelle pour être une arme politique coercitive ou un outil militaire punitif, nous trouvons maintenant des puissances économiques cybernétiques et mondiales qui utilisent l’optique et les sentiments pour forger des loyautés imaginaires. Que cela soit par le biais de la littérature ou du cinéma, du télégraphe ou du chemin de fer, l’extension territoriale militaires et corporatistes a toujours eu recours aux transports et aux communications pour étendre sa portée. Ce n’est donc pas un hasard si les récits coloniaux et de science-fiction partagent le même fantasme de communication et de relation à travers une plate-forme singulière.

 

Aujourd’hui, cependant, un certain nombre de puissances économiques et technologiques en émergence sont des nations qui se définissent comme ayant pâti de l’expansion coloniale. Dans la période moderne, il est peut-être sans précédent de contrôler une telle technologie tout en ayant subi de lourdes pertes de la part des puissances occidentales technologiquement avancées. On pourrait peut-être en dire autant des populations des mêmes puissances impériales, qui se sentent exploitées par leurs propres régimes. Cela soulève la question suivante: que peut l’imaginaire scientifique et que peut-il devenir au lendemain de ces pertes? Dans ces circonstances, quels types d’avenir ou même de futurisme deviennent soudainement imaginables, ou même peuvent être rappelés? Peut-être pour la première fois depuis longtemps?

Programme
samedi 2 février
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Café
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Ouverture du symposium
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Rogues, Pogues et gêneurs: La réémergence de la Science Fiction arabe

Alors que des motifs de science - fiction sont présents dans la littérature arabe et des lettres depuis l’ouvrage Ibn Arabi les révélations de la Mecque ou dans l’ouvrage d’al-Qazwini les merveilles de la création (Les merveilles de créatures etdes choses étranges existantes), les romans de science-fiction conformes au canon occidental du genre ne sont devenus populaires dans le monde arabe que dans les années 1950 et 1960. Des oeuvres séminales, telles que Pessoptimist d’Emile Habibi (1974) et The Blue Flood (1976) d’Ahmad al-Biqali ont élargi le lectorat au-delà du genre. À la suite de l'invasion américaine de l'Irak (2003), et plus particulièrement depuis les contre-révolutions qui ont suivi le printemps arabe, de nouvelles voix littéraires relancent le genre, le dialogue avec la dystopie, l'aliénation, la satire et la représentation subversive du Réel.

 

While motifs of science fiction have been present in Arabic literature and letters since Ibn ‘Arabi’s The Meccan Revelations or al-Qazwini’s The Wonders of Creation (The Marvels of Creatures and Strange Things Existing) (thirteenth century), science fiction novels compliant to the western canon of the genre became popular in the Arab world only around the 1950s and 1960s. Seminal works, such Emile Habibi’s Pessoptimist (1974) and Ahmad al-Biqali’s The Blue Flood (1976) expanded the readership beyond the genre. In the aftermath of the US invasion of Iraq (2003), and most notably the counter-revolutions that followed the Arab Spring, new literary voices are reviving the genre, engaging with dystopia, alienation, satire, and subversive representation of the Real.

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“The Space Between Magic and Technology” [« L’espace entre Magie et Technologie »]

Le mot futur sous-entend un chemin linéaire vers l’avancé alors qu’en arabe le mot Mostakbal est dérivé de la racine kabl qui peut signifier le passé, l’avant. Le temps dans notre culture ne fonctionne pas comme une marche linéaire vers demain, il englobe à la fois le présent et le passé. Etant donnée notre éducation occidentale rationaliste, pouvons-nous contester le concept occidental de futur? Notre imaginaire peut-il envisager un forme future alternative – alors même que nous utilisons les outils qui nous ont été imposés par les puissances occidentales dominantes? Le Détecteur du Mal d’Abou Bakarr Mansaray est une forme alternative d’intelligence artificielle! Peut-être que cela pourrait devenir un objet domestique ; après tout, Skype n’est-il pas un équivalent scientifique d’un Sangoma?
En évoquant des moments allant des inventions de l’Égypte ancienne au programme nucléaire secret du président Gamal Abdel Nasser, je discuterai des imaginaires tentant de concevoir des futurs alternatifs et interrogerai la manière dont nous travaillons pour trouver de nouvelles significations à des mots tels que le progrès afin de demain, nous extraire de la domination de l’Occident.

 

The word future implies a linear path forward, whereas the corresponding Arabic word mostaqbal is a derivative of the word qabl meaning before.  Time, then, in our culture does not operate in a linear march towards tomorrow; it encapsulates both the present and the past. Given our rational western-based education, can we contest the western concept of future? Can our imaginary devise an alternative prospect for what is to come— even while using the tools imposed on us by the dominant western powers? Abu Bakarr Mansaray’s Evil Detector (2005) is an alternative form of artificial intelligence! Maybe it can become a household contraption; after all, isn’t Skype a scientific equivalent for a Sangoma?
Reflecting on moments from Ancient Egyptian inventions to Gamal Abdel Nasser’s secret nuclear program, I will discuss the imaginaries attempting to conceive of alternative futures, and question how we work towards finding new meanings for words like progress in ways that disentangle our tomorrow from the domination of the west.

11:35Next12:00
Le féminisme dans l'allégorie de SF Le rêve de Sultana (1905) de Rokeya Sakhawat Hossein

Dans sa nouvelle écrite en anglais, Rokeya Hossein décrit une réalité alternative dans laquelle les hommes restent dans les parties intérieures des maisons normalement réservées aux femmes selon la tradition du purdah, tandis que les femmes sont chargées des affaires politiques et économiques. Partant d’une description de la nouvelle et du contexte dans lequel elle a été écrite, cette présentation explorera les outils narratifs déployés pour transmettre le message féministe de Rokeya Hossein.
Bien que le genre littéraire du conte utopique de SF fût courant au 19e siècle, l’originalité et l’importance de cette œuvre résident dans le projet d’équilibre entre nature et technologie et ses nuances proto-éco-féministes, critique du système patriarcal indien, du colonialisme britannique, du discours de la mère-nation et les relations enchevêtrées qu’ils entretiennent.

 

In her short story written in English, Rokeya Hossein depicts an alternative reality where men are kept in the inner parts of the house that, in the purdah tradition, would have been reserved for women; while women are in charge of political and economic affairs. Departing from a description of the novella and the context it was written in, this lecture will explore the narrative tools deployed to convey Rokeya Hossein’s feminist message. Although the literary genre of the SF utopian tale was common in the nineteenth century, the originality and importance of this work lie in the proposed balance between nature and technology and its proto eco-feminist undertones, critical of the Indian patriarchal system, British colonialism, mother-nation discourses and, the tangled relations they cultivate.

12:05Next12:15
Projection du film d’Ali Cherri, Pipe Dreams, 2015, 7 min

Dans un appel mémorable entre le président défunt Hafez el-Assad et l’astronaute syrien Mohammed Faris, on voit le père de la nation qui interroge le héros sur ses impressions, alors qu’il survolait les terres syriennes. Une conversation qui met en scène le chef éternel  de la nation qui, depuis son bureau, veille sur les enfants de la patrie, même à des milliers de kilomètres dans l’espace. Dans une forme de mise en abîme, on voit, sur un moniteur, les images du président Hafez el-Assad s’adresser, à travers un moniteur identique, à l’astronaute dans son vaisseau ; une répétition jusqu’à l’infini de l’image du père qui regarde le héros. Vingt cinq ans après, au début des soulèvements en Syrie en 2011, et par peur de vandalisme, le pouvoir en place démantèle des statues du président Hafez el-Assad dans les villes protestataires. À travers ce recul sur les évènements qui bouleversent actuellement la région, Pipe Dreams permet au politique d’appeler le poétique... Là où s’inscrit une démarche artistique qui cherche à placer le récit personnel dans l’histoire politique.

 

In a historic phone call between the late President Hafez al-Assad and the Syrian astronaut Mohammed Fares, we hear the father of the nation questioning the hero about his impressions as he looks down on the Syrian lands. A conversation that features the eternal leader, who, from the comforts of his office, casts a watchful eye on the children of the nation, even as they are thousands of miles away up in space. Twenty-five years later, at the beginning of the upheavals in Syria in 2011, the authorities, fearing vandalism, dismantled the statues of Hafez el Assad in the protesting towns. Haunted by the image of statues destroyed, from Joseph Stalin’s to Saddam Hussein’s, the regime tried to head off the inevitable, sacrificing the Symbol in order to safeguard the Image.

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Questions / réponses / discussion avec tous les participants
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Pause Déjeuner
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Introduction
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CoFutures: des chemins vers des présents possibles (Commentaire n°3)

Que signifie penser à l'avenir? Dans cet exposé, je discuterai différentes façons de penser à l'avenir à travers des exemples de futurismes contemporains. En utilisant ces réponses comme cadre, je discuterai la possibilité que ce que nous recherchons serait un espace de réflexion pour penser des CoFutures (Complexe, Coexistant, Coeval). Bien qu'ils reprennent souvent des domaines similaires de la production artistique, les CoFutures résistent explicitement au discours de la Science Fiction globale et plaide en faveur de possibilités alternatives sur les plans politique, esthétique et épistémologique. Bien que la technoscience reste un problème épineux dans la plupart des imaginaires futuristes de la SF en raison de ses origines et de ses revendications impériales et globalisantes, je soutiens qu’avec ces CoFutures, le culte du progrès technoscientifique devient superflu pour penser l’avenir.

 

What does it mean to think about the future? In this talk, I look at various responses and ways of thinking about the future in a series of contemporary futurisms. Using these responses as framework, I present the possibility that what is being called for is a space for thinking about CoFutures (Complex, Coexisting, Coeval). Although it often picks up on similar strands of artistic production,CoFutures explicitly resists the global SF discourse, and it argues for possibilities that are politically, aesthetically, and epistemologically different from the global SF model. While technoscience remains a thorny problem in much of SF futurist imaginary owing to its imperial and globalitarian origins and demands, I argue that within CoFutures, a cult of technoscientific progress becomes nonessential in thinking about future time.

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“Shape-shifters: Small flowers crack concrete” [« Les métamorphoses: les jeunes fleurs font craquer le béton »]

Je vais m’intéresser au changement de forme; à la notion de passage.
Qu'est-ce qui est passé, passé en contrebande, contrefait? Par quelle porte? Qu’implique vivre dans plus d’un monde ? Mon approche consistera en une série de mises à jour de la définition classique de la force que je vais essayer d’agrandir en déployant des idées de faiblesse, de douceur et de souplesse. Étirer, s'étirer dans plusieurs directions, changer de forme. L’extension Nord et Sud n’est pas un signe de contradiction, mais plutôt une incarnation matérielle de toute la complexité de l’être; ce que j'appelle la résistance végétale: phototropique, intelligente, débrouillarde.

 

I will concern myself with shape-shifting, and with the notion of passing.
What it is that is passed through, smuggled, counterfeited? Through which doorway? What are the implications of living in more than one world?
The angle I will use to broach the topic will be a series of updates to the classic definition of strength—which I will aim to broaden through the deployment of ideas of weakness, softness, flexibility.
Stretching, extending in several directions, shape-shifting. Extending North and South is not a sign of contradictions, but rather a material embodiment of the full complexity of being; what I call vegetable resistance: phototropic, intelligent, resourceful. 

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Ethique du voyage dans le temps: vers un futurisme comparé

Comment aborde-t-on l'idée du futur à travers le monde? Comment l’attraction colossale que représente un avenir inconnu est-elle canalisée, calibrée selon les histoires régionales? Comment le futur se retrouve-t-il encore et encore sous la forme d’intérêts communs et contradictoires? À titre de référence préliminaire, le projet de «futurisme comparé» se penche sur des exemples littéraires, artistiques, intellectuels, technologiques et entrepreneuriaux tirés des traditions de l’Afrofuturisme, du Sinofuturisme et du futurisme du Golfe. Des schémas comparables et contrastés de temporalité et de causalité se retrouvent dans des histoires du futur précises et sont identifiés dans les récits des attentes de la population en matière de changement social et politique. La notion de chronocommons sera discutée comme possible index des modèles reconnaissables des futurs et la chronopolitique sera examinée dans le cadre d’une analyse des coïncidences sur un spectre transrégional.

 

How do people from around the world approach the idea of the future? How is the colossal pull of an unknown future channeled through the differential caliber of regional histories? How does the future get again and again reconvened as a matter of common and conflicting interests? As a preliminary frame of reference, the project of comparative futurism looks into literary, artistic, intellectual, technological, and entrepreneurial examples from the traditions of Afrofuturism, Sinofuturism, and Gulf Futurism. Comparable and contrasting patterns of temporality and causality are traced in select histories of the future and identified in the accounts of popular expectation for social and political change. While the proposed notion of chronocommons will be discussed as an index of recognizable patterns of future orientation, chronopolitics will be examined within the framework of caring for coincidences across a transregional spectrum.

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Projection de 2026, 2010, 10 min et de Night Visitor: The Night of Counting the Years, 2011, 8 min et conversation avec Brian Kuan Wood

2026, 2010

Basé sur un texte du roman The Revolution of 2053, de l'écrivain égyptien Mahmoud Osman, et faisant référence à une scène de La Jetée de Chris Marker (1962), un voyageur du temps raconte sa vision de l'avenir de la région des pyramides, et par extension de l'Egypte en 2026 - une vision qui tend à aller au-delà tout en restant sévèrement confinée par les contraintes imaginales du présent.

 

Night Visitor: The Night of Counting the Years, 2011 [Visiteur de nuit: La nuit du décompte des années]

Le 5 mars 2011, des centaines d'hommes et de femmes ont pris d'assaut les bâtiments de la sûreté générale de l'État égyptien, craignant que les agents à l'intérieur ne détruisent des preuves de crimes. En regardant  les images enregistrées et téléchargées sur Youtube par ces visiteurs, différents récits de cet espace et de ce moment politique extrêmement chargés émergent. Les caméras des téléphones portables révèlent un aperçu des actions et des désirs des anciens locataires de cet espace, qu'il s'agisse des personnes arrêtées ou des personnes arrêtant, ainsi que de l'espace psychologique sculpté par ces bâtiments et leurs habitants dans l'histoire et l'imaginaire contemporains.

 

2026
Based on a text from the novel The Revolution of 2053: The Beginning (2007) by Egyptian author Mahmoud Osman, and referencing a scene from Chris Marker’s La Jetée (1962), a time-traveller recounts his vision of the future of the Pyramids area, and by extension Egypt, in the year 2026— a vision that strains to reach beyond, yet remains severely confined by, the present’s imaginal constraints.
 

Night Visitor: The Night of Counting the Years
On the 5th of March, 2011, Egyptian state security buildings were stormed by hundreds of men and women who feared that officers inside were destroying incriminating evidence. Looking through the footage recorded and uploaded on Youtube by these visitors, different narratives of this highly charged political space and moment emerge. Cellphone cameras reveal glimpses of the actions and desires of the past tenants of this space, be they the arrestors or the arrested, as well as the psychological space carved by these buildings and their inhabitants in contemporary history and imaginary.

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Séance de questions / réponses avec tous les participants
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Pause Café
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Introduction
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“To Win the War, You Fought it Sideways: Kojo Laing’s Major Gentl and the Achimota Wars”
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“Beyond Language(s)” [« Par-delà la (des) langue(s) »]

La science-fiction est un moyen d’interroger ce qui se passe dans l’au-delà, le cosmos, tout autre "lieu étranger" ou une situation inconnue, voire même éloignée. Par conséquent, qu'y a-t-il au-delà et comment y faire face? Ce défi à la dimension à la fois sociopolitique et métaphysique, consiste à faire face tant au passé (et à ses nombreux colonialismes), qu’au présent (et aux nouvelles formes de colonialismes, y compris les technologies) et à l’avenir inévitable. L'éloignement peut se manifester de plusieurs manières. La langue est un facteur important, car elle est notre moyen d’établir des liens entre nous. Comment faire alors, quand un langage commun est inexistant, pas encore formé, ou si le langage de l'autre est inconnu de soi (ou de quelqu'un d'autre), totalement opaque, voire même non formé, même dans les yeux de l'autre ? Le cinéaste Daniel Villeneuve a parfaitement saisi ce no man's land dans son récent film The Arrival. Alors qu'une grande rencontre avec le grand Autre est annoncée, les services de renseignement américains et l'armée américaine font appel à une linguiste pour permettre le contact avec une force étrangère venant d'une autre galaxie. Comment y parvient-elle? À travers sa littérature visuelle, dessinant,graphikos comme le diraient les Grecs anciens. Les débuts d'une démos ... une instigation du Commun.

 

Science fiction is a way to address what is out there in the great beyond, the cosmos, any other foreign place, or unfamiliar, even remote, situation. Hence, what is there Beyond and how do you deal with it? The challenge, which has a socio-political as well as a metaphysical dimension, includes coming to terms with the past (and its many colonialisms), the present (and new forms of colonialisms, including technologies) and the inevitable future. The remoteness can manifest itself in many ways.  A major factor is language, as therein lies our ability to relate one to the other. So how is it when a common language is non-existent, not yet formed, or if the language of the other is unknown to oneself (or to anyone else), totally opaque, or even unformed as it may be in the eye of the other. Filmmaker Daniel Villeneuve completely grasped this no man's land in his recent film The Arrival.  As a major encounter with the big Other is announced as something is bound to happen, US Intelligence and Army call upon a woman linguist to enable contact with an outsider force coming from some other galaxy. How does she succeed ? Through her visual litteracy, drawing, graphikos as the Ancient Greeks would put it. The beginnings of a demos...an instigation of the Common.

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“Modeling a Non-Colonialist Future” [« Modéliser un avenir non colonialiste »]

Dès le début, la tâche de libération révolutionnaire en Russie était inextricablement liée à la spéculation scientifique et à la science-fiction. Dans le livre datant de Vladimir Tatlin datant de 1919 Modèle pour un monument à la Troisième Internationale ou dans le film Aelita de 1924, l’ambition internationale du communisme était interprétée comme une promesse interstellaire. Produire un modèle efficace de justice sociale sur Terre nécessitait une pensée précise du cosmos dans son ensemble. Sous le réalisme socialiste, toutefois, à partir des années 1930 dans le cinéma soviétique, cette imaginaire radical semble sous-tendre une forme de néo-colonialisme mondial (et même cosmique). J’interroge ici ce que le discrédit du réalisme socialiste signifie pour l'avenir de la modélisation esthétique en tant que pratique. Pour répondre à cette question, j’examine la résilience du modèle dans les essais ultérieurs du scientisme soviétique, allant de l’art cinétique des années 1960 aux Jours d’éclipse d’Aleksandr Sokurov et à la récente Immortality for All d’Anton Vidokle.

 

From early on the task of revolutionary liberation in Russia was inextricably linked to scientific speculation and science fiction. In Vladimir Tatlin’s 1919 Model for a Monument to the Third International or Yakov Protazanov’s 1924 Aelita the international address of communism was read as an interstellar promise. Producing an effective model of social justice on Earth required an accurate model of the cosmos as a whole. Under socialist realism, however, from the 1930s onwards, this radical imagination in Soviet cinema appears to undergird a form of global (and even cosmic) neo-colonialism. I ask what the discrediting of socialist realism means for the future of aesthetic modeling as a practice. To address this question I examine the resilience of the model in later retrievals of Soviet scientism, from the kinetic art of the 1960s to Aleksandr Sokurov’s Days of Eclipse and Anton Vidokle’s recent Immortality for All.

17:00Next18:00
Projection / Screening du film d’Anton Vidokle, The Communist Revolution Was caused by The Sun [La révolution communiste a été provoquée par Le Soleil], 2015, 33 min

La deuxième partie de la trilogie aborde la dimension poétique de la cosmologie solaire du biophysicien soviétique Alexander Chizhevsky. Tourné au Kazakhstan, où Chizhevsky a été emprisonné puis exilé, le film présente les recherches de Сhizhevsky sur l’impact des émissions solaires sur la sociologie humaine, la psychologie, la politique et l’économie sous forme de guerres, révolutions, épidémies et autres bouleversements. Le film suit la vie des habitants des zones rurales post-soviétiques et les projets futurologiques du cosmisme russe pour souligner que l'objectif des premières percées soviétiques visant à la conquête de l'espace extra-atmosphérique n'était pas tant une accélération technique qu’une lutte commune de l'humanité contre les limitations de la vie terrestre.

 

This second part of Vidokle’s trilogy on Russian cosmism looks at the poetic dimension of solar cosmology of Soviet biophysicist Alexander Chizhevsky. Shot in Kazakhstan, where Chizhevsky was imprisoned and later exiled, the film introduces Сhizhevsky’s research into the impact of solar emissions on human sociology, psychology, politics, and economics in the form of wars, revolutions, epidemics, and other upheavals. The film aligns the life of post-soviet rural residents and the futurological projects of Russian cosmism to emphasize that the goal of the early Soviet breakthroughs aimed at the conquest of outer space was not so much technical acceleration, but the common cause of humankind in their struggle against the limitations of earthly life.

18:05Next18:30
Q & R / discussion avec tous les participants et mot de la fin par Kaye Cain-Nielsen
dimanche 3 février
16:30Next17:10
Projection “Cosmic Slop: Space Traders”, 1994, 33 min 28 sec

The Space Traders est une nouvelle de science-fiction du professeur de droit et écrivain Derrick Bell. Publié en 1992, elle a pour objet l’arrivée d’extraterrestres offrant aux États-Unis un large éventail d’avantages, tels que de l’or, l’énergie nucléaire propre et d’autres avancées technologiques, en échange d’une chose: la remise de tous les Noirs aux Etats-Unis aux aliens. L’histoire postule que le peuple et l’establishment politique états-uniens sont disposés à conclure cet accord et propose de soumettre celui-ci à référendum. The Space Traders a été adapté pour la télévision en 1994 par le réalisateur Reginald Hudlin et l'écrivain Trey Ellis. Il a été diffusé sur HBO en tant que segment principal de Cosmic Slop, une anthologie télévisuelle en trois parties consacrée à la science-fiction noire.

 

The Space Traders is an science fiction short story by law professor and writer Derrick Bell. Published in 1992, its subject is the arrival of extraterrestrials that offer the United States a wide range of benefits such as gold, clean nuclear power, and other technological advances in exchange for one thing: the handing over of all black people in the U.S. to the aliens. The story posits that the people and political establishment of the U.S. are willing to make this deal, passing a referendum to enable it. The Space Traders was adapted for television in 1994 by director Reginald Hudlin and writer Trey Ellis. It aired on HBO as the leading segment of Cosmic Slop, a three-part television anthology focusing on Black science fiction.

17:15Next18:15
Extraits de Battleship Galactica, Westworld et Star Trooper; suivi d’une discussion Christelle Taraud et Kader Attia

Christelle Taraud montre et discute des extraits de ces séries et films de Science Fiction, en discussion avec Kader Attia.

 

Christelle Taraud shows and discusses excerpts from these American science fiction television and film series, in conversation with Kader Attia.

18:30Next20:30
Projection du film de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige, The Lebanese Rocket Society, 2013, 1 h 35 min; suivi d'une conversation avec Joana Hadjithomas

L’histoire de The Lebanese Rocket Society commence au début des années 1960 à l’Université Haigazian, une jeune université arménienne de Beyrouth, où un groupe d’étudiants dirigé par Manoug Manougian, professeur de mathématiques, crée la Société libanaise des fusées pour créer et lancer des fusées ayant pour objet l'étude et l'exploration de l'espace. Ce groupe produit la première fusée de la région. Le projet n'avait alors aucun caractère militaire et visait à promouvoir la science et la recherche. Cette aventure oubliée, qui paraît aujourd'hui plutôt incroyable, voire surréaliste, n'en était pas moins sérieuse. Entre 1960 et 1967, à l’époque de la course à l’espace et des idées révolutionnaires, plus de dix fusées à combustible solide ont été lancées du pays du Cèdre. Les lancements donnaient lieu à des célébrations. Pour commémorer le 21e anniversaire de l’indépendance du Liban, une série de timbres représentant la fusée Cedar IV a même été émise. La défaite arabe de 1967 mit toutefois fin à cette initiative.

 

The adventure of the Lebanese Rocket Society began, in the early sixties, at Haigazian University, a young Armenian University in Beirut, where a group of students led by Manoug Manougian, a professor of mathematics, set up the Lebanese Rocket Society to create and launch rockets for space study and exploration. They produced the first rocket of the region. The project had no military character and was aimed at promoting science and research.
This forgotten adventure, which appears nowadays rather unbelievable and surrealistic, was nevertheless a serious one. Between 1960 and 1967, at the time of the Space Race and revolutionary ideas, more than ten solid fuel Cedar rockets were launched. The launchings gave rise to celebrations. To commemorate the 21st anniversary of Lebanon’s independence, a set of stamps representing the Cedar IV rocket was even issued. The Arab defeat of 1967, however, put an end to the initiative.

Biographies
Julieta Aranda

questionne par sa pratique les mécanismes de circulation et l’idée d’une «poétique de la circulation»; Y sont centraux son intérêt pour la science-fiction, les voyages dans l’espace et les zones de friction; la possibilité d'une subjectivité politisée à travers la perception et l'utilisation du temps, et la notion de pouvoir sur l'imaginaire. Les œuvres de Julieta Aranda vont de l’installation, à la vidéo en passant par les œuvres imprimées. Elle porte un intérêt particulier à la création et la manipulation d’échanges artistiques et à la subversion des notions traditionnelles de commerce par la création artistique. En tant que rédactrice de la revue e-flux et co-directrice de la plateforme en ligne e-flux avec Anton Vidokle, Julieta Aranda a développé les projets de location de vidéos Global Contemporary Travel, Time / Bank, Pawnshop et e-flux video rental, projets qui pour la plupart commencèrent dans la vitrine e-flux de New York avant de voyager à travers le monde. En sus de ses nombreuses expositions dans des galeries, les œuvres de Julieta Aranda ont été exposées dans le monde entier, notamment à Martin Gropius Bau, Berlin (2019); Momentum Biennale, Norvège (2019), FACT Liverpool (2018), PAM - Art public de Munich (2018), Musée d'Art Contemporain, Détroit (2017), CAP Bordeaux (2018), Der Tank, Bâle (2016), Guggenheim Museum ( 2015, 2009), 56ème Biennale de Venise (2015), Kunsthalle Fridericianum, Kassel (2015), 8ème Biennale de Berlin (2014), Musée Berardo, Lisbonne (2014), Witte de With (2013 et 2010), Museo d'Arte Contemporanea Villa Croce, Genova (2013), MACRO Roma (2012) Documenta 13 (2012), NBK (2012), Biennale de Gwangju (2012), 54ème Biennale de Venise (2011), Biennale d'Istanbul (2011), Portikus, Francfort (2011), Nouveau musée NY (2010), Kunstverein Arnsberg (2010), MOCA Miami (2009), Musée d’art contemporain, Chicago (2007), 2e Biennale de Moscou (2007) MUSAC, Espagne (2010 et 2006) et VIIe Biennale de Havanna; parmi beaucoup d'autres.

Kader Attia

est un artiste franco-algérien vivant entre Berlin et Alger. Ses recherches socioculturelles ont conduit Kader Attia à la notion de réparation, un concept qu’il a développé philosophiquement dans ses écrits et symboliquement dans son œuvre d’artiste plasticien. En 2016, Kader Attia a fondé , un espace de partage et de discussion, une agora pour penser le monde. En 2016, Kader Attia a reçu le prix Marcel Duchamp, suivi du prix de la Fondation Miró, Barcelone, et du prix artistique Yanghyun, à Séoul, en 2017.

Robert Bird

est professeur aux départements de langues et littératures slaves et de cinéma et médias de l'Université de Chicago. Robert Bird s’intéresse principalement à la pratique esthétique et la théorie du modernisme russe / soviétique. Il a publié des ouvrages et des essais sur divers sujets autour de la littérature russe, de l'histoire intellectuelle, du cinéma et de l'art vidéo. Plus récemment, il était co-éditeur (avec Christina Kiaer et Zachary Cahill) deRevolution Every Day: un calendrier (Mousse Publishing, 2017), le catalogue de l'exposition éponyme du Smart Museum of Art de l'Université de Chicago. Il est en train de terminer un livre intitulé «Soul Machine: Soviet Film Models Socialism», qui analyse la montée du réalisme socialiste en tant qu’esthétique modéliste, et commence un nouveau livre intitulé «Underground: l’histoire d’une image conceptuelle».

Kaye Cain-Nielsen

est rédacteur en chef de la revue e-flux.

Bodhisattva Chattopadhyay

est chercheur au département d'études culturelles et de langues orientales de l'Université d'Oslo. Il est également corédacteur de la publication Études sur la fiction de genre mondiale (Routledge) et corédacteur en chef de Fafnir: Journal nordique de la science-fiction et de la recherche fantastique. Il a publié de nombreux articles sur la SF dans des revues telles queScience Fiction StudiesRevue du fantastique dans les arts et Foundation. Il est l'un des trois membres fondateurs du groupe de recherche sur les arts The Kalpana avec Goutam Ghosh et Susanne M. Winterling.

Ali Cherri

est un vidéaste et artiste visuel. Ses travaux ont été présentés dans différentes expositions internationales, dont But a Storm is Blowing from Paradiseà la Galerie d'Art moderne de Milan, Somniculus au Jeu de Paume et au CAPC musée d’art contemporain de Bordeaux, From Fragments to Whole au Jönköpings Läns Museum - Suède, Anarchéologie au Centre Pompidou, Tous des sang-mêlés, MacVal, But a Storm is Blowing from Paradise, Guggenheim New York,Home Beirut au MAXXI Rome, Aichi Triennial – Japon, Taxonomie Fallacieuse au Musée Sursock - Beyrouth, Recent Acquisitions au MACBA, Lest The Two Seas Meet Warsaw Museum of Modern Art, Songs of Loss and Songs of Love au Gwangju Museum of Art. Il est titulaire du Harvard University’s Robert E. Fulton Fellowship (2016), du prix de la Fondation Rockefeller (2017) et du prix Abraaj Group Art (2018).

Jihan El-Tahri

est une réalisatrice, écrivaine, artiste visuelle et producteur primée. En 2017, elle a été invitée à rejoindre l'Académie des arts et des sciences (The Oscars). Son travail récent en tant qu'artiste en arts visuels comprend des expositions en France (Centre Pompidou), à Berlin (HKW et IFA Gallery), en Norvège (Musée National), au Mexique (San Ildefonso) et en Pologne (Moma). El Tahri a commencé sa carrière en tant que correspondante à l'étranger dans le domaine de la politique au Moyen-Orient. En 1990, elle a commencé à diriger et à produire des documentaires pour des diffuseurs internationaux. Parmi ses documentaires primés figurent Nasser, Behind the RainbowCuba, une odyssée africaine et The House of Saud. Ses écrits incluent Les Sept Vies de Yasser Arafat (Grasset) et Israel and the Arabs, The 50 Years war (Penguin). Elle a été trésorière de la Guilde des cinéastes africains de la diaspora, conseillère du premier programme Afrique de Focus Feature et secrétaire régionale de la Fédération du cinéma panafricain (FEPACI).

Kodwo Eshun

est maître de conférences en théorie de l’art contemporain à Goldsmiths de l’Université de Londres, professeur à la Haute Ecole d’art et de design de Genève et cofondateur de The Otolith Group. Il est co-éditeur de The Fisher Function (2017), Post Punk Then and Now (2016), The Militant Image: A Cine-Geography: Third Text, Vol. 25 (2011), Harun Farocki: Against What? Against Whom (2010), de The Ghosts of Songs: The Film Art of the Black Audio Film Collective 1982–1998 (2007), et l’auteur de Dan Graham: Rock My Religion(2012), et de More Brilliant than the Sun: Adventures in Sonic Fiction (1998).

Joana HadjithomasURL

est artiste, cinéaste, en collaboration avec Khalil Joreige. Ils réalisent plusieurs documentaires tels que Khiam 2000-2007(2008), El Film el Mafkoud (The Lost Film) (2003) et des films comme Al Bayt el Zaher (1999) et A Perfect Day (2005), autour de la fabrique de l'imaginaire au Liban.

Marie-Nour Hechaimé

est franco-libanaise et travaille dans le monde de l’art contemporain. Elle est actuellement coordinatrice du programme et de la rédaction chez Mophradat. Auparavant, elle a travaillé pour Ashkal Alwan (Beyrouth) et Council (Paris), et a collaboré avec  (Paris) et Arts Collaboratory, un écosystème de 25 organisations axées sur la gouvernance collective. Avocate de formation, elle a également participé en 2017-18 à SPEAP, le programme expérimental en arts et politique fondé par Bruno Latour.

Khalil JoreigeURL

est artiste, cinéaste, en collaboration avec Joana Hadjithomas. Ils réalisent plusieurs documentaires tels que Khiam 2000-2007(2008), El Film el Mafkoud (The Lost Film) (2003) et des films comme Al Bayt el Zaher (1999) et A Perfect Day (2005), autour de la fabrique de l'imaginaire au Liban.

Maha Maamoun

travaille le texte, les images fixes et animées. Elle s’intéresse à la forme, à la fonction et à l’actualité des images visuelles et littéraires et à la manière dont elles façonnent le tissu culturel dans lequel nous tissons et que nous tissons. Elle collabore également à des projets de publications et de commissariat. En 2004, elle a cofondé le Contemporary Image Collective (CiC), un espace d'art à but non lucratif au Caire. En 2012, elle a cofondé Kayfa ta: une initiative de publication indépendante et une série de livres. Son travail a été présenté lors d'expositions et de biennales, notamment Constructing the world: Art and economy, 1919-1939 et 2008-2018 - Kunsthalle Mannheim (2018);Strange Days: Souvenirs du futur - Store X et au New Museum (2018); Le temps est fini - Fondation pour l'art de Sharjah (2016); Siècle de siècles - SALT (2015);Like Milking a Stone - Galerie Rosa Santos (2015); The Night of Counting the Years - Fridricianum (2014); Ten Thousand Wiles and a Hundred Thousand Tricks, Meeting Points ; Forum Expanded - Berlinale 64; Transmediale, parmi de nombreux autres.

Mahan Moalemi

est écrivain et commissaire. Ses recherches explorent les rencontres possibles entre les cultures visuelles globales et les études critiques futures. Il faisait auparavant partie de l'équipe des organisateurs de kaf, un espace de projet informel à Téhéran (2010-2015). Il est corédacteur deEthnofuturismen (Merve Verlag, 2018) et ses écrits ont été publiés dans Cabinet, Domus, Spike Art Quarterly et dans un certain nombre de publications artistiques et littéraires en Iran.

Chantal Pontbriand

est une commissaire, critique et consultante en art contemporain. Son travail est basé sur l'exploration de questions de mondialisation et d'hétérogénéité artistique. Elle a organisé de nombreux événements internationaux d'art contemporain: expositions, festivals internationaux et conférences internationales, principalement dans les domaines de la photographie, de la vidéo, de la performance, de la danse et des installations multimédias. Fondatrice du magazine d'art contemporainPARACHUTE en 1975, elle a été rédactrice en chef/ éditrice jusqu'en 2007, publiant 125 numéros. Après avoir présidé plusieurs événements et festivals majeurs, elle a cofondé le FIND (Festival international de nouvelle danse) à Montréal et en a été présidente et directrice de 1982 à 2003. Elle a été nommée responsable de la recherche et du développement des expositions à la Tate Modern de Londres en 2010 et a fondé PONTBRIAND WORKS [We_Others and Myself_Research_ Knowledge_Systems] en 2012. En 2015-2016, elle a travaillé au développement de DEMO-GRAPHICS pour la région du Grand Toronto et, brièvement, en tant que directrice générale au Museum of Contemporary Art de Toronto. Depuis 2017, elle développe SPHERE (S), un nouveau type d’événement artistique international basé à Montréal, et écrit un livre intituléEXIL(E], migration and aesthetics.

Rasha Salti

est écrivaine et commissaire d’art et de cinéma. Elle vit et travaille entre Beyrouth et Berlin.

Christelle Taraud

est maîtresse de conférence à Columbia et New-York University à Paris et est également membre du Centre d'Histoire du XIXe siècle (Universités Paris I et Paris IV). Elle travaille essentiellement sur les femmes, le genre et la sexualité en contexte colonial au Maghreb. Christelle Taraud est l'auteure de La prostitution coloniale. Algérie, Tunisie, Maroc de 1830 à 1962 (Paris, Payot, 2003 et 2009); Femmes d'Afrique du Nord. Cartes Postales (1885-1930), Bleu autour (2006); "Amour Interdit". Marginalité, prostitution, colonialisme. (Maghreb, 1830-1962), Payot (2012) et Sexe, Race et Colonies. La dommination des corps du XVe siècle à nos jours. (La Découverte, 2018).

Anton Vidokle

(né en 1965, Russie) est un artiste basé à New York et à Berlin. Fondateur de e-flux et de la revue e-flux, il a réalisé des projets tels que TheMartha Rosler Library 2005-2006, Pawnshop 2007, unitednationsplaza 2008-09 etTime / Bank 2010. Le travail de Vidokle a été exposé dans le monde entier à la Documenta 13 et au 56ème Biennale de Venise. Ses films ont été projetés à l’Assemblée de Bergen; à la Biennale de Shanghai; la Biennale d'Istanbul; au Witte de With, Rotterdam; au Musée d'art moderne de Varsovie; au Festival international du film de Berlinale; au Stedelijk Museum, Amsterdam; à la Biennale de Gwangju; au Festival de Locarno; et au Centre Pompidou, au Haus Der Kulturen Der Welt, Berlin; au Garage Museum, Moscou et à la Tate Modern, entre autres.

Brian Kuan Wood

est un écrivain et éditeur de la revue e-flux.

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Informations
Le Projet

, un lieu de Savoir-vivre et de Faire-savoir

 

Fondé par Kader Attia, Zico Selloum et leur famille.

 

met au défi les postures amnésiques et délétères. C’est un lieu convivial qui engage, en toute indépendance, les chantiers du vivre et du penser ensemble.

 

En mettant en oeuvre ce projet, l’artiste Kader Attia entend poser au présent les questions de la décolonisation des peuples comme celle des savoirs, des comportements et des pratiques. Située dans un quartier où se mélangent populations africaines, indiennes et asiatiques, à deux pas de la gare du nord et donc aux carrefours de l’Europe comme du monde, vise à réunir — sans exclusion et à travers ces formidables tribunes que peuvent être la création artistique et intellectuelle — toutes les identités et toutes les histoires, en particulier celles des minorités.

 

Tout à la fois repère et refuge, est un espace à l’identité bigarrée : c’est un bar et une agora ; c’est un laboratoire et une lieu de fêtes ; c’est un lieu de paroles, d’écoutes, de partages, d’expérimentations et de monstrations.

 

 

Une architecture

Protégé du tumulte de la rue, l’espace en retrait de est dominé par une haute verrière qui offre une lumière zénithale et paisible. Au rez-de chaussée, se déploie sur plus de 200 m2 l’espace du bar où l’on peut venir se reposer en prenant un café, où l’on donne rendez-vous à des amis pour boire un verre, où l’on peut manger sur le pouce, venir écouter un concert ou encore assister à une projection.

 

Au premier étage, une grande mezzanine donne sur le bar comme sur une court intérieure. Isolé du rez de chaussée par des vitres qui ne laissent passer que la lumière, cet espace est dédié au partage des savoirs en mouvement. On peut venir y écouter et proposer d’autres formes de pensées à travers des dialogues publics. entend accueillir des collectifs, des militants, des groupes de recherches universitaires, des artistes, des acteurs sociaux pour les inviter à des partages libres d’expériences et de savoirs. On peut ici assister à des conférences, des lectures, des témoignages, participer à des workshops, des ateliers d’écritures…

 

Le deuxième étage est consacré aux différentes formes et concepts de l’art. Loin du contexte muséal ou institutionnel, les propositions artistiques y sont aussi bien conceptuelles que formelles, a-formelles ou performées. Les projets présentés sont également l’occasion d’élaborer une pensée critique non académique, en lien constant avec les enjeux de notre présent.

 

La structure architecturale du bâtiment, idéale pour ce type de combinaison, offre une grande fluidité entre les différents espaces car ici la vie, la pensée, l’engagement et les pratiques de l’art interagissent en synergie.

 

 

Une expérience de défragmentation

se construit autour de la volonté de répondre à une urgence impérieuse de réparations sociales et culturelles.

 

Par delà les clivages religieux ou politiques, nos sociétés contemporaines ont atteint un niveau jusqu’alors inégalé de fragmentation que seul l’aménagement d’espaces de dialogues, de rencontres, de confrontations permettra de faire reculer. Ici comme un peu partout ailleurs, les fractures se démultiplient dans un silence criant, avec une violence accrue. est une expérience de dé-fragmentation, de dé-morcellement, de réparations dans laquelle tout le monde est le bienvenu. Ce projet entend permettre aux savoirs universitaires de sortir des arcanes du pouvoir institutionnel et élitiste en leur permettant de se confronter à d’autres formes de transmissions. Il entend émanciper des modes d’appréhension et de savoir populaires, parfois non occidentaux, souvent minorés.

 

souhaite décloisonner les savoirs, les pratiques, en valorisant une approche trans-culturelle, trans-disciplinaire et trans-générationnelle dans lequel tous et chacun trouve une place. Nous faisons le pari que sous l’égide de l’échange et de la palabre, l’art comme la pensée sont parmi les vecteurs les plus forts de cette défragmentation.

 

Si est un lieu physique de rencontres, elle oeuvre également à l’archivage de ce présent en train de se faire et met à disposition librement les échanges et les expérimentations dont elle est le théâtre. 

Horaires

Du mardi au samedi, de 10h à 2h du matin

Le lundi et le dimanche de 15h à 23h

Accès

128 rue La Fayette, 75010 Paris (Google Maps)

Métro
Gare du Nord / Gare de l'Est / Poissonnière

Lignes
2, 4, 5, 7

RER
B, D, E

Bus
38, 39, 42, 43, 46

Arrêt du bus en face de l'entrée
Lignes 26, 32, 42, 43, 48

L'équipe

Kader Attia

Directeur et co-fondateur

Zico Selloum

Co-Fondateur de

Sylvie Labiche

Directrice Administrative & Financière

Pascale Obolo

Responsable du Salon du Livre d'art des Afriques et des Editions de

Alix Hugonnier

Coordinatrice de la programmation culturelle et artistique

Lucas Erin

Coordinateur de la production

Ava Attia

Responsable des réservations

Kristell Charbonneau

Responsable des privatisations - DRH

Christelle Boco

Responsable bar

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